Amazfit Cheetah 2 Pro : titane, saphir et précision cardiaque testés

L'Amazfit Cheetah 2 Pro débarque en 2026 comme la montre la plus ambitieuse qu'Amazfit ait jamais construite. Titane, verre saphir, hausse de prix de 50 % par rapport à la première Cheetah Pro : la marque joue clairement dans une autre cour que ses sorties habituelles. On l'a passée sur piste, en selle et dans l'eau, face à des références Garmin, Polar et Stryd. Voilà ce qu'on a trouvé.
Construction et capteurs : ce qui change vraiment
Le boîtier titane change tout au toucher. C'est pas du plastique premium, c'est du vrai titane, plus léger et plus rigide que l'aluminium des Coros Pace 3 ou Garmin Forerunner 965. Le verre saphir résiste aux égratignures quotidiennes là où le Gorilla Glass de la Cheetah 1ère génération prenait des marques en quelques semaines. Sur le dos du boîtier, on a un capteur PPG multispectre qui mesure les variations de volume sanguin par lumière pour estimer la fréquence cardiaque et la SpO2 , deux technologies optiques distinctes, pas électriques. L'altimètre barométrique mesure lui les variations de pression atmosphérique pour calculer le dénivelé, sans confusion possible avec le GPS qui, lui, triangule des signaux satellites. La Cheetah 2 Pro embarque le double GPS multi-bandes (L1 + L5), identique à ce qu'on trouve sur la Garmin Forerunner 965 ou la Coros Vertix 2S.
Sur les runs de test, la précision GPS dépasse ce qu'on attendait d'Amazfit. Les traces sont propres en forêt dense, les lacets de piste bien restitués, sans les dérives à 4-5 % qu'on voyait sur les anciennes Bip ou GTS. Comparée à une Stryd en référence de distance, l'écart reste sous 0,8 % sur des sorties de 10 à 21 km. C'est dans la fourchette haute de ce que font Garmin et Polar sur le même exercice. Pas parfait. Mais solide.
Fréquence cardiaque optique : résultats sur trois protocoles
La vraie question avec Amazfit, c'est toujours la FC optique. On a maintenant trois séries de tests publiées sur la Cheetah 2 , y compris sur l'Ultra, testée en simulation Hyrox à 33°C avec [une précision optique quasi parfaite face au Whoop MG, au Garmin HRM-600 et au Polar Verity Sense](/fr/articles/amazfit-cheetah-2-ultra-precision-cardiaque-testee-en-sprint-et-hyrox-2026-06-01). Sur la Pro, les résultats suivent la même logique : biais quasi nul en régime stable, légère latence sur les montées en charge explosives. Sur un interval 30/30 à 90 % de FC max, la Pro accuse 3 à 5 secondes de retard par rapport à une ceinture Garmin HRM-600 qui, elle, capte les impulsions électriques cardiaques directement via ECG. Ce délai, c'est la limite physique du PPG, pas un défaut propre à Amazfit. La Polar Pacer Pro et la Garmin Forerunner 265 montrent les mêmes 3-4 secondes de latence optique dans les mêmes conditions.
En natation, la lecture FC tombe logiquement pendant les longueurs , l'eau perturbe le signal PPG , et reprend aux virages. C'est le comportement standard de toutes les montres optiques sur poignet. Rien de surprenant, mais il faut le savoir si on planifie des entraînements basés sur des zones FC en piscine.
Cyclisme, récupération et logiciel
En selle, la Cheetah 2 Pro se connecte en Bluetooth à une pédalière de puissance externe et affiche watts, cadence et FC simultanément. L'interface est claire, les champs personnalisables jusqu'à 5 données par écran. Sur une sortie de 3h avec données Stryd et PowerTap, les chiffres sont cohérents. La fonctionnalité de récupération s'appuie sur la VFC mesurée la nuit par PPG et sur les données de charge d'entraînement hebdomadaire. Les scores sont proches de ce que sort un Whoop 5.0 sur les mêmes nuits, avec un écart moyen de 8 à 12 points sur 100 , acceptable pour un score de récupération qui reste de toute façon une estimation. Pour aller plus loin sur les [données GPS et l'autonomie réelle de la gamme Cheetah 2](/fr/articles/amazfit-cheetah-2-ultra-gps-batterie-et-trail-face-a-garmin-2026-05-25), on a un test dédié.
L'autonomie annoncée tourne autour de 14 jours en mode montre connectée, environ 40 heures en suivi GPS continu. En pratique, sur nos tests, on s'est arrêtés à 38h en GPS double fréquence avec FC optique active en permanence. C'est moins que les 55h testées sur l'Ultra lors d'une [sortie longue distance sur 100 km](/fr/articles/amazfit-cheetah-2-ultra-55h-de-batterie-testee-sur-100-km-2026-05-24), mais la Pro n'est pas positionnée sur l'ultra-endurance.
Ce qui manque ou déçoit
Deux points font tiquer. D'abord, l'écosystème logiciel. L'app Zepp reste en dessous de Garmin Connect ou de l'app Polar Flow pour l'analyse post-séance : pas de détail sur les phases de course, pas d'analyse de la variabilité de puissance stride by stride, les exports FIT sont complets mais l'interface web reste basique. Ensuite, le prix. À ce tarif , on parle de 400-450 euros selon les marchés , on entre en concurrence directe avec la Garmin Forerunner 965 (450 euros), la Coros Apex 2 Pro (400 euros) et la Polar Vantage V3 (430 euros). Ces trois montres ont des écosystèmes plus matures, des communautés de données plus larges et des mises à jour firmware plus régulières. Amazfit progresse vite sur le hardware. Le software, lui, prend du retard.
La précision SmO2 , saturation en oxygène musculaire , intégrée à la gamme Ultra n'est pas présente sur la Pro dans sa version actuelle. C'est un capteur optique supplémentaire qu'Amazfit réserve au modèle haut de gamme, et on comprend le positionnement commercial, mais ça manque pour les triathlètes ou les CrossFitters qui veulent suivre leur saturation musculaire en temps réel pendant les WODs.
Verdict : la Cheetah 2 Pro s'adresse aux coureurs sérieux qui veulent du hardware premium sans payer le prix Garmin Fenix, à condition d'accepter un logiciel moins abouti. Face à une Coros Apex 2 Pro 50 euros moins cher avec une autonomie GPS supérieure, le choix n'est pas évident. Face à une Forerunner 265 (350 euros, aluminium), le titane et le saphir de la Pro justifient la différence si on tape sa montre régulièrement. Pas pour tout le monde. Mais pour un coureur qui veut du solide et s'y retrouve avec des outils tiers comme Intervals.icu ou TrainingPeaks, c'est une montre qu'on peut recommander sans réserve majeure.
Montres mentionnées
Comparatifs
Guides d'achat


