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Analyse

Amazfit Cheetah 2 Ultra : précision cardiaque testée en sprint et HYROX

Amazfit Cheetah 2 Ultra : précision cardiaque testée en sprint et HYROX

L'Amazfit Cheetah 2 Ultra cumule maintenant trois tests de précision cardiaque indépendants, et les résultats sont cohérents : le capteur optique PPG tient la route face à des références comme le Whoop MG, le Garmin HRM600 et le Polar Verity Sense. C'est pas anodin pour une montre positionnée sous les 400 euros face à des Garmin Fenix 8 à plus de 700 euros. On fait le point sur ce qu'on sait vraiment.

Ce que disent les chiffres en sprint vélo

Le test le plus exigeant, c'est le sprint vélo sur route. L'Amazfit Cheetah 2 Ultra y affiche des limites d'agrément de ±3 bpm contre une référence de ceinture ECG. Pour rappel, une ceinture cardiaque comme la HRM600 de Garmin mesure l'activité électrique du muscle cardiaque, pas le flux sanguin : c'est le gold standard à poignet quasi-impossible à battre. Le Fitbit Air, sur le même protocole, plafonne à ±6 bpm. Ce n'est pas catastrophique, mais ça fait une différence concrète quand on analyse des intervalles à 95% FCmax. Deux fois moins d'erreur, c'est deux fois plus d'utilité pour calibrer des zones de puissance sur le vélo.

La montre utilise un capteur PPG multi-longueurs d'onde, comme la majorité des montres sport haut de gamme en 2026. Ce type de capteur envoie de la lumière dans la peau et mesure les variations de volume sanguin pour en déduire le rythme cardiaque. Le vrai problème en sprint vélo, c'est le mouvement du poignet sur le guidon et les vibrations : l'algorithme de filtrage de l'Amazfit semble mieux absorber ces artefacts que celui du Fitbit Air. Sur ce point précis, la Cheetah 2 Ultra est plus proche d'une Polar Vantage V3 que d'une Apple Watch Ultra 2, qui commence à déraper au-delà de 170 bpm en effort anaérobie.

HYROX à 33°C : le test de sueur et de chaleur

Le deuxième test pertinent, c'est la simulation HYROX en salle à 33°C. La chaleur et la sueur, c'est le cauchemar des capteurs optiques : le couplage optique avec la peau se dégrade, les artefacts de mouvement augmentent, et certaines montres partent en vrille dès le Ski Erg. Là, le biais moyen de la Cheetah 2 Ultra est quasi nul contre les trois références (Whoop MG, HRM600, Polar Verity Sense). Trois tests, trois résultats propres. La Coros Pace 3, dans des conditions similaires testées l'an dernier, montrait un biais de +4 bpm sur les stations de rame, là où les contractions musculaires de l'avant-bras perturbent la lecture. La Cheetah 2 Ultra n'a pas ce problème documenté.

Ce qui est notable, c'est que l'Amazfit intègre un capteur SmO2 (saturation en oxygène musculaire) qui complète la lecture cardiaque pendant les efforts de type HYROX. Le SmO2, comme le SpO2, est une mesure optique : on envoie de la lumière à différentes longueurs d'onde et on analyse la réfraction pour estimer la saturation en oxygène du tissu musculaire local. C'est une métrique que Garmin ne propose pas sur la Fenix 8, et que seuls Polar (Vantage V3 avec Polar Flow) et quelques autres intègrent à ce niveau de précision. En pratique pour un CrossFitter ou un athlète Hyrox, ça permet de voir si un muscle cible est réellement sollicité ou si on compense avec d'autres groupes musculaires.

Comparaison avec l'écosystème concurrent

Mis en contexte, voilà où ça se place. Le Whoop MG n'a pas d'écran et coûte un abonnement mensuel, ce n'est pas comparable en usage polyvalent. La Garmin Fenix 8 Solar à 900 euros offre une précision cardiaque similaire en steady state, mais n'a pas montré de supériorité documentée en sprint vélo sur ce protocole. La Polar Vantage V3 à 600 euros reste la référence éditorial pour la récupération et les métriques de training load, mais son capteur PPG en natation en eau libre reste capricieux. La Coros Vertix 3 joue dans la même cour côté endurance longue distance, avec une autonomie similaire mais sans le SmO2. Pour la récupération, l'Amazfit s'appuie sur son score HybridCharge qui croise HRV, SpO2 nocturne et température cutanée, [détaillé dans notre test dédié](/fr/articles/amazfit-hybridcharge-score-de-recuperation-biometrique-declaratif-teste-2026-05-29).

Le GPS de la Cheetah 2 Ultra, on l'a déjà mesuré séparément. En trail et en vélo route, les résultats sont solides face à Garmin, [comme on l'a documenté ici](/fr/articles/amazfit-cheetah-2-ultra-gps-batterie-et-trail-face-a-garmin-2026-05-25). L'autonomie à 55 heures en mode GPS continu a été vérifiée sur 100 km réels, [voir ce test](/fr/articles/amazfit-cheetah-2-ultra-55h-de-batterie-testee-sur-100-km-2026-05-24). Ce qui manquait jusqu'ici, c'était la validation cardiaque rigoureuse. C'est maintenant fait, et ça change l'évaluation globale.

Ce qui déçoit encore, c'est l'écosystème logiciel. L'application Zepp reste inférieure à Garmin Connect ou Polar Flow pour l'analyse de charge d'entraînement sur le long terme. Les exports FIT vers TrainingPeaks fonctionnent, mais les métriques propriétaires (SmO2 notamment) ne passent pas dans les plateformes tierces. C'est un vrai problème pour un triathlète qui suit sa charge sur plusieurs mois avec un coach. La variabilité cardiaque nocturne est mesurée, mais l'algorithme de détection des artefacts de mouvement en sommeil reste moins affiné que celui du Whoop ou de l'Oura Ring 4. Et sur le plan physique, le boîtier de 47 mm reste encombrant pour les poignets fins, là où la Coros Pace 3 reste plus discrète au quotidien.

Verdikt : la Cheetah 2 Ultra s'adresse aux triathlètes, coureurs et athlètes Hyrox qui veulent une précision cardiaque validée en conditions dures, avec SmO2 et une autonomie réelle de 50+ heures, pour environ 380 euros. Face à une Garmin Forerunner 965 à 650 euros, le rapport performance/prix est difficile à contester. La Coros Vertix 3 reste plus pertinente pour l'ultra-trail pur. Mais sur la précision cardiaque seule, peu de montres dans cette gamme de prix font aussi bien.

Montres mentionnées

whooppolarfitbitamazfitrunningrunnerroad bike
Source : The5kRunner

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